Le passage à NETSoins en contexte Ségur vague 2 ne se limite pas à installer un logiciel de dossier de soins informatisé. La migration engage la conformité réglementaire de l’établissement, la continuité de la traçabilité et la capacité des équipes à exploiter un outil dont le périmètre fonctionnel évolue avec les textes de 2026. Nous détaillons ici les points de vigilance que les directions d’EHPAD sous-estiment le plus souvent.
Paramétrages NETSoins et réforme infirmière de juin 2026
Les deux arrêtés du 26 juin 2026 élargissent les actes de prescription et de consultation autonome des IDE (vaccination, plaies, santé sexuelle, sevrage tabagique, biologie ciblée, renouvellement de certains examens). Ce n’est pas un sujet RH, c’est un sujet de paramétrage logiciel.
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Un dossier de soins NETSoins livré avec les nomenclatures d’actes antérieures à ces arrêtés sera fonctionnellement obsolète dès sa mise en production. La check-list doit donc inclure un chantier dédié de mise à jour des nomenclatures d’actes et des workflows de validation médicale.
Ce que cela implique concrètement dans NETSoins
- Réviser les modèles d’ordonnances pour intégrer les prescriptions IDE autonomes, afin que la traçabilité reste conforme au circuit du médicament
- Adapter les droits d’accès des profils infirmiers dans le logiciel : un IDE doit pouvoir initier une prescription sans passage par le médecin coordonnateur pour les actes concernés par les arrêtés
- Vérifier que les workflows de validation médicale ne bloquent pas les nouveaux actes autonomes, ce qui créerait un écart entre la pratique légale et la trace numérique
- Planifier un test de bout en bout (saisie, validation, extraction pour le rapport d’activité) avant la bascule définitive
Ce chantier doit être mené avec l’éditeur Orisha Socialcare. Nous recommandons de formaliser la demande de mise à jour des référentiels d’actes dès la phase de cadrage du projet, pas en recette.
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Conformité Ségur vague 2 : vérifier le référencement du logiciel avant de migrer
La vague 2 du Ségur du numérique en santé impose aux éditeurs un parcours de certification couvrant le DUI, l’INS, la MSS et l’interopérabilité. Un EHPAD qui bascule vers NETSoins sans s’assurer que la version déployée est bien celle référencée Ségur prend un risque direct : la perte des financements Ségur liés au numérique.
Le point de contrôle est simple mais souvent négligé. Avant de signer le bon de commande de migration, la direction doit obtenir de l’éditeur la preuve du référencement de la version cible sur le portail de l’ANS. Une version intermédiaire ou une mise à jour prévue « dans les semaines suivantes » ne suffit pas.
Check-list Ségur à intégrer au rétroplanning
Trois éléments doivent figurer dans le dossier de migration : l’attestation de référencement Ségur vague 2 pour la version exacte déployée, la conformité INS (identité nationale de santé) avec alimentation automatique depuis le téléservice INSi, et la capacité d’envoi via messagerie sécurisée de santé (MSS). Sans ces trois points validés, la conformité de l’établissement est incomplète.
Reprise de données et traçabilité : le vrai risque opérationnel
La reprise des données depuis l’ancien logiciel vers NETSoins est le poste de risque le plus élevé d’une migration en EHPAD. La traçabilité des soins, les historiques de prescriptions et les plans de soins personnalisés constituent le socle médico-légal du dossier résident.
Une migration mal calibrée peut générer des trous dans l’historique de traçabilité. En cas de contrôle ARS ou d’inspection, l’absence de continuité dans le dossier de soins est un écart caractérisé. Le rapport d’inspection de l’EHPAD Fil d’Argent en 2023 illustre bien le niveau d’exigence des autorités sur la tenue du dossier informatisé.
Points de vigilance sur la reprise
Nous recommandons de distinguer deux périmètres. Le périmètre « chaud » couvre les données actives : plans de soins en cours, prescriptions, allergies, directives anticipées. Ces données doivent être migrées avec une vérification unitaire par résident.
Le périmètre « froid » couvre l’historique. La question n’est pas de tout migrer, mais de garantir l’accès en consultation. Si l’ancien logiciel reste accessible en lecture seule pendant une période de transition, cela réduit considérablement le risque. Formalisez cette clause dans le contrat avec l’éditeur sortant.

Formation des équipes NETSoins : calendrier et méthode
Le déploiement échoue rarement sur la technique. Il échoue sur l’adoption. Les équipes soignantes en EHPAD travaillent en horaires décalés, avec un turnover qui complique la formation initiale.
Former uniquement des référents internes ne suffit pas si ces référents ne disposent pas de temps dédié pour accompagner leurs collègues après la bascule. La check-list doit prévoir un plan de formation en trois temps : formation initiale par l’éditeur, relais par les référents internes sur les cas d’usage quotidiens, puis une session de rattrapage quatre à six semaines après le go-live pour les agents absents lors de la première vague.
Le paramétrage des identifiants et des droits d’accès mérite une attention particulière. Chaque profil (IDE, AS, médecin coordonnateur, direction) doit accéder aux fonctionnalités correspondant à son périmètre réglementaire, ni plus ni moins. Un accès trop large crée un problème de sécurité des données. Un accès trop restreint génère des contournements qui dégradent la qualité de la traçabilité.
Portail familles et connexion au SI de l’établissement
NETSoins propose un portail de liaison avec les familles. Son activation lors de la migration n’est pas un gadget : c’est un levier de conformité avec les obligations d’information prévues au CASF. La question à trancher en amont est le périmètre d’information partagée via ce portail (agenda, compte-rendu d’activité, suivi nutritionnel).
L’intégration de NETSoins avec les autres briques du système d’information (gestion administrative, facturation, portail RH) doit être cartographiée avant la migration. Chaque flux de données entre logiciels doit être testé en environnement de préproduction. Un défaut d’interfaçage découvert après la bascule provoque des doubles saisies qui démotivent les équipes et augmentent le risque d’erreur.
La réussite d’une migration NETSoins en 2026 repose moins sur le logiciel lui-même que sur la rigueur du cadrage en amont. Les trois points qui conditionnent tout le reste : la conformité Ségur vague 2 vérifiée avant signature, la reprise de données validée résident par résident, et un plan de formation qui tient compte des contraintes réelles de planning des équipes soignantes.

